Imprimés 2018, entre mode et street art

Alors que le printemps s’installe timidement, Krème vous parle de sa marotte du moment : les imprimés.  

Partout les imprimés déploient motifs et couleurs originales : ils colonisent nos intérieurs, nos garde-robes, viennent disputer à la monotonie de notre quotidien le droit à la fantaisie et la liberté de réinventer la joie par les arts graphiques, jusque dans les moindres détails. Parfois discrets mais constamment présents, les imprimés refleurissent au printemps. Cette année, ils quittent les podiums plus baroques et enchantés que jamais, s’invitent dans le paysage urbain et inspirent designers, photographes et artistes.

 

01. Les imprimés mode et lifestyle

Tout a commencé avec la nouvelle collection capsule été 2018 de Monoprix avec Maison Château Rouge. Lancée début mai, cette collaboration avec le label parisien nous a (r)ouvert les yeux sur les imprimés version 2018. Fondée en 2015 par Youssouf Fofana, la Maison Château Rouge célèbre le quartier du même nom (18e arr. de Paris) mais aussi la rencontre et le mélange des cultures avec des pièces lifestyle. Entre la garde-robe africaine et un style plus urbain, ses vêtements graphiques et colorés font la part belle aux imprimés et aux motifs. Mode homme, femme et enfants, vaisselles et linges de maison : les imprimés sont partout.

Mais déjà en septembre dernier au Palazzo Reale de Milan, nos sens ont été mis en éveil. Au défilé Versace printemps-été 2018, Donatella Versace rend hommage à son frère, Gianni assassiné il y a 20 ans sur le perron de sa villa à Miami. Les imprimés originaux et exubérants, véritables signatures de la maison de couture au début des années 90, font leur comeback : inoubliables motifs Baroque (automne-hiver 1991), collages My Friend Elton (John, printemps-été 1991), compositions façon trésors de la mer (printemps-été 1992) mais aussi les portraits de Native Americans (automne-hiver 1992). Un déchaînement d’imprimés tous plus blings les uns que les autres !

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02. Printdesign, de l’impression à l’image

Cet article est enfin l’occasion idéale de vous parler de Camilla Frances, designer d’imprimés féminins et aventuriers. Nous suivons depuis longtemps ses réalisations et le développement de son studio londonien. Chacune de ses collections est source d’émerveillement et nous plonge dans des histoires chaotiques et enchanteresses. Profusion de fleurs, végétations, animaux, paisleys, géométrie, dentelles, motifs tribaux… Ses imprimés marient tradition et les dernières tendances du moment avec style et fraîcheur !

Repéré par les Patternpeople, le travail de Reuben Wu offre aux imprimés une autre dimension. Dans sa série Crescent Dunes, l’artiste photographie une installation d’énergie solaire dans le Nevada. Animée par la répétition géométrique des panneaux solaires, l’image devient imprimé imaginaire à cheval entre réalité plastique et rêve. L’artiste explique : « Dans mon travail visuel, je ne suis pas seulement poussé par l’envie de créer des images, mais par le désir d’explorer de nouveaux lieux comme s’ils étaient des territoires inconnus, ouverts à la sérendipité et ouverts aux regards, inaperçus et cachés. » Conclusion, les imprimés sont partout où vous ne les attendez pas. Poésie par inadvertance des paysages de la ville ou d’ailleurs, dans l’infiniment petit et l’infiniment grand.

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03. Imprimés des villes

Intérieur/extérieur, les imprimés s’invitent en terrasse. Notre dernier coup de coeur : le patio de l’hôtel Bienvenue, dernier né d’Adrien Gloagen « après le Paradis (Xe) et le Panache (IXe), deux hôtels qui ont contribué à dépoussiérer l’hôtellerie faubourgeoise parisienne » (dixit IDEAT). Le Bienvenue c’est un esprit maison de famille + « chambres d’hôtes à la campagne » en plein Paris. Un mélange qui fait mouche ! Au sol de la cour-jardin, on découvre le travail graphique de Julien Colombier, sublime fresque urbaine qui imprime au lieu -s’il y en avait besoin- un supplément d’âme onirique.

Dans un registre plus politique, l’artiste barcelonais Pejac ré-imagine les espaces communautaires avec poésie et justesse. Son travail, de plus en plus populaire, incite l’observateur à se poser des questions. Notre oeuvre préférée ? Fossil, réalisée à Brooklyn en début d’année. Sur un mur de briques ordinaire, le plasticien réalise un imprimé « arbre » comme l’empreinte d’un passé révolu et d’un présent à interroger.

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Crédits : Maison Château Rouge, Versace, Camilla Frances Prints LTD, Reuben Wu, Hôtel Bienvenue, Pejac.

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Krème

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